L’Armée du Chahut

Transhumance chorale
Théâtre de rue itinérant – Spectacle tout public – Création 2022


Agenda 2022 : 25 mai Quesnoy-sur-Deûle (59) Festival Bruits de Printemps / 26 mai Ath (BE) Sortilèges, Rue et Vous ! / 4 juin Mons-en-Barœul (59) Rendez-vous au Jardin, temps fort Utopia lille3000 / 5 juin Douchy-les-Mines (59) Les Douchynoiseries / 17 au 20 août Aurillac (15) Festival International de théâtre de rue / 17 septembre Villeneuve-d’Ascq (59) Journées du Patrimoine à La Ferme d’en Haut



D’abord, on les aperçoit, silhouettes singulières disséminées dans la foule et qui se rassemblent… Et puis, c’est comme un premier cri, un premier chant, un premier ronronnement… Suivi par un autre, puis un autre. Insensiblement, le chant enfle, gonfle et devient puissant, accaparant toute l’attention. Car voici le projet de l’armée du chahut : installer, dans l’espace public, une parole, qui se transforme en rumeur, qui se transforme en un chant, sensible et abrupt, parfois mélodieux, parfois punk, parfois tendre ou brutal, un murmure qui devient chahut.


Vidéo : étape de travail en juin 2021 à la Ferme d’en Haut

Note d’intention
On croise, au détour d’une rue, ces énergumènes, habillés de leur seul costume, uniforme, comme pour que l’on ne distingue aucun d’entre eux.
On pense immédiatement à l’Armée du salut, ou à une secte parmi tant d’autres, désireuse de faire passer son message. Mais cette impression se dissipe, progressivement. Ces gens portent certes un uniforme, mais juste pour affirmer le collectif, l’entité.
C’est comme une armée du sensible, qui entend la respiration de la ville, la respiration de l’endroit, et qui la retransmet pour prendre possession de l’espace. Une occupation minimaliste, sans autre artifice que le chant, à voix nue, mais qui prend toute sa place, qui s’impose…
Les artistes réunis autour de cette recherche ont comme point commun de faire la part belle au chant dans leur travail existant, et une appétence particulière pour le travail en rue à « voix nue ». Dans L’Armée du Chahut, la voix chantée est au centre de la recherche artistique comme vecteur du propos. Mais elle en est également le sujet, par ses usages et la manière de les mettre en exergue, avec humour et sens.
Une création à la croisée du théâtre de rue et du chant, qui entraîne le public dans ce qui s’apparente à une divagation mais qui devient rapidement une véritable transhumance, dont les bienveillants bergers sont les membres de cette Armée du Chahut.

Une divagation pastorale
D’abord, on les aperçoit, silhouettes singulières d’abord disséminées dans la foule et qui se rassemblent ou se positionnent discrètement… Et puis, une première clochette se fait entendre. Puis une seconde. Et d’autres encore. Comme un signe de ralliement. Comme un signal au public, rassemblé pour être emmené dans un voyage incertain. Et puis arrive un premier cri, un premier chant, un premier ronronnement… Repris par un autre, puis un autre. Insensiblement, le chant enfle, gonfle et devient puissant, accaparant toute l’attention sur l’espace public.
Quelque chose se passe, prenant appui sur les lieux, entrant en résonance avec un élément de l’espace public. Une voiture, un magasin, un banc public, un homme qui téléphone, un couple qui s’embrasse, deviennent prétextes à une situation… Et nous basculons du quotidien à l’extraordinaire, porté par un chant qui devient récit. Mais déjà tout s’évanouit et le Quotidien reprend ses droits. Et quelques mètres plus loin, une nouvelle situation se met en place
Tantôt drôles, insolites, vibrantes ou puissantes, les séquences inattendues se succèdent une à une, jusqu’au dénouement.
Chaque spectateur qui se fait sa propre histoire, à partir de ce qui se construit sous ses yeux. On s’efforce dans cette création non pas à s’attacher à imaginer une narration précise mais plus à inventer une poésie brute, sensible, qui prenne appui sur l’existant et le quotidien.
L’Armée du Chahut est un spectacle qui s’enracine dans les habitudes et usages de l’environnement urbain pour en souligner les absurdités et les incohérences, pour montrer ce qui est habituellement caché, passé sous silence. Et tout au long de cette divagation chorale dans l’espace urbain, naîtront sans doute des émotions qui y sont peu banales, et qui ne mettraient pas à l’abri les protagonistes d’un moment singulier de communion collective avec le public.

Des répertoires qui se rencontrent
Pour trouver un répertoire commun à s’approprier, interpréter et défendre dans une forme chorale, les artistes impliqués se sont d’abord interrogés sur la présence, et parfois l’absence, du chant dans leurs histoires personnelles, sur sa transmission et sa pratique collective.
Les propositions qui constituent le répertoire de l’Armée du Chahut résonnent donc dans l’histoire et/ou les sensibilités artistiques d’au moins un des interprètes. Ces sensibilités multiples les ont conduits à se pencher sur le patrimoine chanté issu de territoires et d’époques variés, en s’interrogeant sur ce qui pourrait relier et rendre cohérents les uns avec les autres les différentes œuvres choisies.
Coutumes et traditions chantées s’absentent progressivement de notre propre culture, comme si un fil s’était rompu… On écoute aujourd’hui plus qu’on ne chante, réservant bien souvent la pratique à l’expert. Et les moments où le chant avait toute sa place se sont estompés peu à peu, suivant les évolutions des réunions sociales… comme celle qui a conduit la boîte de nuit à remplacer le bal.
Mais le chant malgré tout reste bien inscrit dans notre environnement, marqué par une diversité culturelle et linguistique exceptionnelle. On trouve encore pratiquées nombre de traditions régionales au travers de la voix chantée, et les immigrations successives que notre terre accueille font rayonner de nombreuses et fort belles coutumes. Le chant raconte, le chant transmet, le chant transforme. Car chaque chanson est reçue de manière singulière par celui ou celle qui l’écoute et la reçoit, suscitant un imaginaire traversé d’émotions et de références culturelles propres.
Telle est la proposition des personnages chanteurs de l’armée du chahut. Immergés dans l’espace public, ils se livrent tour à tour en solo ou en collectif. Par le seul médium de leur voix, confrontant la musique populaire internationale aux mélodies connues de tous, jusqu’à l’improvisation collective, ils questionnent nos différences (et ressemblances) culturelles et matérielles.

Conditions techniques
Durée : 50 mn à 1h (deux représentations possibles par jour )
Jauge : environ 200 personnes
Préparation : un repérage préalable, qui peut être fait à distance, est nécessaire pour préparer et adapter le parcours en fonction de l’endroit concerné.

Distribution
Interprétation : Pierre Boudeulle, Loran Casalta, Bastien Charlery, Emilie Debard, Fanny Duroisin, Capucine Meens et François-Xavier Reinquin.

Écriture et mise en scène : Jean-Christophe Viseux
Direction musicale : Bastien Charlery
Création des costumes : Angélique Legrand

Production : La Roulotte Ruche
Aide à la résidence de création : Conseil Régional des Hauts-de-France
Accueil en résidence : Le Centre des Arts de la Rue de Ath (B), la ville de Mons-en-Barœul, le Théâtre de la Verrière à Lille, le Théâtre de l’Ordinaire à Vieille-Église, la Ferme d’en Haut à Villeneuve-d’Ascq et le Théâtre de l’Unité à Audincourt.