Résidences

Autour de L’Ambassade

Une résidence artistique pour préparer les retrouvailles
Si le spectacle narre la première rencontre entre les habitants et la délégation polystirènienne, celle-ci peut être préparée et précédée d’une résidence artistique sur le territoire permettant d’aborder quelques questionnements et problématiques sous-tendus par le spectacle.

Ce projet artistique a pour conclusion « L’Ambassade » mais il a aussi sa propre autonomie et permet de questionner l’identité du territoire donné où se déroule la résidence : Qu’est-ce qui nous rassemble ? Qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? De quoi est constituée notre identité ? Qu’avons-nous à raconter de nous à l’étranger, celui qui ne nous connaît pas ? Quelle image renvoyons-nous de nous-mêmes ? Que mettons-nous en valeur ?

De par son regard décalé et humoristique, la délégation polystirènienne apporte une réponse déformée à ces interrogations. Mais avec la volonté de faire des clins d’œil à la réalité, de montrer du doigt de véritables points de fracture, de souligner ce qui fait le ciment local du « vivre ensemble ».

Cette résidence de territoire est aussi l’occasion de s’interroger sur notre perception de l’étranger, sur ce qui n’est pas « nous » mais ce qui est « autre ». Comment au travers des prismes culturels différents naissent les malentendus et les quiproquos ? Comment l’étranger, en observant les us et coutumes locaux, peut se méprendre sur ceux-ci, et comment, a contrario, nous pouvons méconnaître et analyser à contresens les manières de faire et d’être de « l’autre » ?

En fonction des spécificités des lieux et de l’implication des acteurs locaux, les modalités d’intervention sont différentes et complémentaires.

Quelques pistes d’intervention
Pour ce projet artistique in situ nous nous nourrissons de nos expériences acquises lors de nombreuses résidences de territoires menées précédemment, avec l’intuition que les choses doivent s’écrire avant tout en fonction de la singularité des lieux. Néanmoins nous disposons en réserve de plusieurs pistes d’interventions dont la mise en place du « Polystirama ».

Le Polystirama
Afin de préparer au mieux la venue de la délégation officielle du Royaume de Polystirènie, l’ambassadeur de cet étonnant pays débarque en ville pour découvrir les us et coutumes locaux.

Durant une semaine, cet émissaire de la Polystirènie – mais également l’équipe artistique qui l’accompagne – rencontre des habitants, des associations et se promène pour, à l’issue de la semaine de présence de l’équipe, concocter un « Polystirama », sorte d’audiodiapoconférence – en direct avec la Polystirènie – où le public découvrira à la fois ce curieux pays mais également son propre quotidien et sa ville dont les us et coutumes ont été décortiqués et réinventés pour l’occasion.

Une diapo-conférence décalée…
La conférence met en jeu un professeur universitaire qui nous dévoilera en images la surprenante histoire de l’île de Polystirènie avant de découvrir comment à sa façon, l’Ambassadeur, photographies à l’appui a ré- interprété nos propres us et coutumes… 

Qui se nourrit d’une résidence artistique in situ
Mais la conférence est aussi et surtout le prétexte à la résidence artistique qui se déploie en amont sur le territoire. Deux artistes de la compagnie viennent brosser un portrait drôle et sensible du territoire, de ses acteurs, de ses habitants. Ils enchaînent les rencontres, multiplient les visites, avec parfois la présence de l’ambassadeur de Polystirènie en personne, et des questionnements qui guident leur recherche : Qu’est ce qui constitue notre identité ? Que voulons-nous montrer de nous à l’autre, à l’étranger ? Rencontres, ateliers, séances photos en ville et dans les environs, errances, promenades avec les habitants, débats, autant de choses possibles qui se construisent sur place et en une semaine. Avec comme point d’orgue de cette présence artistique, la séance du Polystirama, à laquelle sont notamment invités tous ceux qui auront été rencontrés durant la semaine…

Présenté en amont de L’Ambassade, Le Polystirama prépare les habitants à la représentation à venir du spectacle, mais il est aussi l’occasion d’un portrait sensible d’un lieu donné, d’un quartier, d’une ville, une autre manière de revisiter le quotidien, entre le vrai et le faux, la réalité et le décalé, avec tendresse et drôlerie…

D’autres formes de résidences artistiques de territoires, s’appuyant sur les compétences et particularités des deux compagnies, sont envisageables, comme par exemple :

La Jacasserie. Sympathique tradition de la cour de Polystirènie, la jacasserie est un tour de chant qui narre les petits potins locaux. Des émissaires de l’Orchestre Royal de Polystirènie viennent sur place afin de recenser la matière qui donnera naissance à un tour de chant sur mesure pour raconter les petites histoires du territoire.

L’Encyclopédie. Initiée par Eugène Poly et François Stirène, les deux découvreurs de l’île, cette encyclopédie avait pour but de familiariser les habitants de la métropole française avec les caractéristiques psychologiques, environnementales, historiques et psychotopologiques de la civilisation polystirènienne. Elle est malheureusement loin d’être achevée. Avec l’aide de groupes d’habitants, de collégiens ou d’élèves du territoire, Jean-Eric Lerouche mène un travail visant à l’enrichir de nouveaux articles, d’informations inédites, en lien et en cohérence avec les éléments déjà existants.

Le Grand Cabinet. Conçu au cours de rencontres avec des habitants du territoire, ce cabinet de curiosités se propose de mettre en valeur les étonnantes analogies existantes entre les deux civilisations. Il s’agit d’un condensé de petits univers artistiques qui se visite comme un musée.